Next-gen : les constructeurs font-ils fausse route en entravant le jeu d’occasion ?

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Après la présentation de la Xbox One mardi soir, l’Internet a été secoué par un raz de marée de coups de gueules en provenance des gamers : horreur, la nouvelle console de Microsoft va entraver sérieusement le prêt de jeux et l’achat en occasion ! Boycott ! Vive la PS4 !

Malheureusement, Sony a été plus qu’évasif sur sa politique en la matière ; « nous ferons ce qui est juste » qu’ils disaient, je ne sais pas vous, mais moi ça ne m’inspire pas confiance, surtout venant d’une firme ayant publié un brevet précisément dédié au blocage des jeux d’occasion.

Peu importe ce qu’il en sera réellement à la sortie de ces deux machines, les informations contradictoires se succédant heures après heures, et les lignes pouvant encore bouger. Ce qui compte c’est la question de fond : les constructeurs concernés s’engagent-ils sur une mauvaise voie ? Ma réponse est simple : non !

 

Les consommateurs finiront par dire oui

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C’est bien beau de dire « je boycotte », encore faut-il arriver à s’y tenir sur la durée. Et laissez-moi vous dire que lorsque tous les rageux réaliseront qu’il va obligatoirement falloir investir dans une console next-gen pour profiter pleinement du dernier FPS à la mode, leurs belles convictions s’envoleront bien vite.

Vous voulez un exemple historique ? Les DLC. Accompagnant l’arrivée de la dématérialisation, ces micro extensions facturées au prix fort avaient déjà déchaîné les foudres des gamers de l’époque. Il était alors absolument honteux de faire payer les joueurs pour du contenu qui aurait dû intégrer le jeu d’origine ; « où sont passés les bons vieux addons ? » se disait-on il y a quelques mois, en référence à ces extensions de jeux vendues en version boite à la fin des années 90.

Regardez le résultat : aujourd’hui, presque plus personne n’est choqué par le fait de payer 15 € pour trois ou quatre maps CoD dont la moitié est issue du jeu précédent. Les gamers vont même jusqu’à souscrire à des abonnements pour être prioritaires sur les serveurs ! Les éditeurs ont donc eu raison d’adopter cette stratégie de passage-en-caisse-pour-tout-et-n-importe-quoi, et vous verrez qu’il en sera de même pour le cas qui nous inquiète aujourd’hui.

 

Le modèle existe déjà et marche du tonnerre

Steam

Au-delà des consoles, avez-vous songé qu’un modèle de jeu dématérialisé associé à un compte, impossible à prêter et à revendre, existait déjà ? Si si, et même que c’est un succès planétaire : je veux bien entendu parler de Steam sur ordinateur.

Lorsque la plate-forme de Valve a été lancée en 2003, tout le monde criait au scandale. C’était pas beau, c’était restrictif, pourquoi fallait-il passer par cette bouse pour jouer à Counter-Strike ? Et puis la boutique s’est étendue aux éditeurs tiers, des fonctions sociales sont apparues, les joueurs ont commencé à voir les bénéfices de ne plus avoir à télécharger des patches à droite à gauche pour mettre à jour leur jeu, de ne plus avoir à insérer un CD dans le lecteur pour jouer etc.

Les promotions régulières ont fini par arriver, achevant de convertir la quasi-totalité des joueurs PC vers ce qui allait devenir l’un des plus gros succès d’offre légale ayant jamais existé. La plate-forme, désormais disponible sur Mac et Linux, repose pourtant sur un système tout aussi restrictif que ce que les constructeurs de consoles veulent mettre en place.

 

Une tendance pour l’avenir ?

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Tout ceci n’est qu’un début. Toutes les grosses entreprises du secteur cherchent à nous attirer dans leur écosystème et à nous faire stocker nos données sur leurs serveurs de cloud. C’est dans l’air du temps.

Comme tout passionné, je regrette moi aussi la bonne vieille époque, quand le dématérialisé n’existait pas, quand les revendeurs de jeux vidéo avaient le vent en poupe, quand les magazines spécialisés se vendaient comme des petits pains, quand on pouvait s’échanger des jeux avec les copains dans la cours de récréation.

L’ère du très haut débit est en train d’effacer cette façon de consommer, qui appartient déjà au passé pour la jeune génération. Comme les disquaires, les boutiques de jeux vidéo finiront par succomber à cette politique du tout online ; seuls resteront quelques établissements spécialisés dans le rétro gaming qui, à l’image des antiquaires, proposeront aux collectionneurs les vestiges d’une époque disparue.

Je crois malheureusement qu’il faut se faire une raison.

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Passionné par les nouvelles technologies et gadgets en tout genre (avec parfois une petite tendance early-adopter), ainsi que par les innovations scientifiques qui bouleversent notre quotidien. Édouard est également un grand amateur de rétro-gaming et de jeu indépendant, mais aussi de cinéma, de culture asiatique et de photographie.

4 Commentaires

  1. A l’époque ou les boutiques reprenaient nos jeux à 20 et les revendais à 40 on disait rien…
    Pourquoi microsoft pourrait pas faire pareil à son tour ?

    • Peut être parce qu’à l’époque on on avait le choix de vendre le jeu à la boutique (qui doit faire une marge, c’est logique) ? Ou à un amis ? Ou dans un vide grenier ? Etc. On était pas forcément obligé de supporter la marge de la boutique.

      Et puis on avait au moins des boutiques qui proposaient des jeux d’occasions ! Ce que veux faire Microsoft, et tout les autres éditeurs, c’est supprimer purement et simplement le jeu d’occasion.

  2. Faut pas oublier que Steam marche aussi grâce à ses super promos (j’ai jamais acheté un jeu plein pot sur Steam et j’en ai un paquet). Sur consoles, avec des jeux à 70€, pas certain que la pilule passe aussi bien. Mais effectivement, il est fort probable que les moutons se contentent de bêler un peu avant de suivre le troupeau…

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