La nouvelle qui est tombée durant la nuit soit au lendemain d’une journée de mobilisation massive contre la SOPA et la PIPA (lois ayant pour objectif de lutter contre le téléchargement illégal en bloquant l’accès aux sites internet hors-la-loi) a fait l’effet d’une bombe nucléaire. Après une année de travail mené en collaboration avec les autorités néo zélandaises, la justice américaine est parvenue à faire fermer le célèbre site de téléchargement MegaUpload

Des multi-millionnaires à la tête d’une Mega Conspiracy: Interpelés dans la nuit à Auckland en Nouvelle-Zélande, les principaux responsables du site fondé en 2005 dont l’emblématique Kim Schmitz aka Kim Dotcom risquent jusqu’à 20 ans de réclusion pour racket, violation de droits d’auteur et blanchiment d’argent bref l’affaire est des plus sérieuses… Probablement la plus importante affaire de violation de droits d’auteur jamais traitée aux Etats-Unis d’après un communiqué diffusé par le FBI.

Classé parmi les 20 sites internet les plus visités au monde avec pas moins de 50 Millions de visiteurs uniques quotidiens soit 4% du trafic Internet mondial, MegaUpload qui revendiquait pas moins de 180 Millions de membres à travers la planète (sans compter les utilisateurs non enregistrés) aurait rapporté quelques 175 millions de dollars à ses responsables (25 Millions de Dollars générés par la publicité et 175 Millions par les abonnements) et par la même causé un manque à gagner de près de 500 Millions de dollars pour les ayants droits dont les œuvres étaient échangées gratuitement et en toute illégalité via la plateforme.

Qualifiée de «Mega Conspiracy» dans l’acte d’accusation officiel (consultable ici) par le procureur en charge de l’affaire, l’organisation est également accusée d’avoir rémunéré certains utilisateurs qui alimentaient le site en fichiers piratés (films, séries TV, MP3, etc…). L’épluchage de 64 comptes bancaires saisis nous apprend par exemple que pas moins 9 Millions de dollars auraient été reversés aux divers uploaders dont l’un d’entre eux aurait touché 50.000$ pour sa participation!

Les internautes s’offusquent et les activistes sanctionnent: Tombée comme un coup de massue, la nouvelle a mis en émoi l’ensemble de la communauté Internet dont les réactions pleuvent sans interruption à travers les réseaux sociaux et les Blogs depuis la nuit dernière.

De son côté, le collectif des Anonymous a immédiatement après l’annonce de la fermeture de MegaUpload lancé une action punitive sous la forme d’attaques DDOS visant entre autres les sites du Ministère de la Justice américaine, du FBI, de la RIAA, de la Maison-Blanche ou encore d’Universal Music.

Baptisée «OpMegaupload», cette action ayant rendu les sites visés inaccessibles durant plusieurs heures qui aurait été lancée simultanément par 5.000 internautes armés du logiciel LOIC est à ce jour la plus vaste jamais menée par le groupe d’activistes.

l’Elysée se frotte les mains: «La mise à disposition illégale, par ce service, d’oeuvres protégées par le droit d’auteur, permettait à ses promoteurs de réaliser des profits criminels sous la forme de recettes publicitaires ou d’abonnements de ses usagers», voici ce que déclarait lElysée dans un communiqué diffusé cette nuit en réaction à l’annonce de la fermeture de MegaUpload et ce sans même attendre qu’une décision de justice quant à la la culpabilité du site et de ses responsables n’ait été prononcée… Moyen…

Notre président a évidemment profité de cette occasion pour inviter les ministres concernés et principalement ceux en charge de la controversée loi Hadopi à s’inspirer de l’action américaine pour compléter notre législation par de nouvelles dispositions. Bref, côté français l’évènement aura eu pour effet de remotiver les troupes du gouvernement qui ont pour mission de mettre définitivement fin téléchargement illégal…

«la lutte contre les sites de téléchargement direct ou de streaming illégaux, qui fondent leur modèle commercial sur le piratage des oeuvres, constitue une impérieuse nécessité pour la préservation de la diversité culturelle et le renouvellement de la création. C’est le financement des industries culturelles dans leur ensemble qui est mis en cause par ce type d’opérateurs […] le moment est donc venu d’une collaboration judiciaire et policière active entre Etats pour porter un coup d’arrêt à leur développement»

Pour finir, voici une vidéo dans laquelle nous retrouvons Kim Schmitz, Bram van der Kolk, Finn Batato et Mathias Ortman à la court de justice de district de North Shore peu de temps après leur arrestation.