Comme chaque année depuis maintenant deux ans, le Paris Games Week a ouvert ses portes à Paris Expo Porte de Versailles. S’il est loin d’égaler les E3, Gamescom et autres Tokyo Game Show en termes de superficie, cet évènement unique en France permet à tout un chacun de venir tester les grosses productions vidéo ludiques du moment et celles qui débarqueront dans un futur proche.

J’ai eu la chance de pouvoir être présent sur place une journée, et en dépit du fait que cette visite fut trop courte pour pouvoir tester tous les jeux, je vous livre ici mes impressions.

 

remonterWii U

Si l’on devait retenir une seule attraction au Paris Games Week, ce serait sans aucun doute la présentation de la nouvelle console de Nintendo, baptisée Wii U. Présentée pour la première fois en France, cette machine entend réitérer le succès de la Wii en proposant une toute nouvelle façon de jouer, notamment grâce à une manette à écran nommée sobrement Gamepad, sensée offrir des mécanismes de gameplay inédits.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Nintendo a mis les moyens : le stand de la firme proposait un grand nombre de jeux / mini-jeux en démonstration, et il fallait tout d’abord obtenir un ticket pour pouvoir y pénétrer. Une fois à l’intérieur, libre à vous de tester les titres qui vous plaisent lors d’une session de 20 minutes.

Pour me faire une idée, j’ai choisi de me diriger en priorité vers les jeux qui exploitent le nouveau concept de Nintendo. J’ai donc testé trois mini-jeux faisant partie du jeu Nintendo Land, ainsi que le nouveau Super Mario Bros dédié à la console.

Le premier mini-jeu que j’ai essayé s’appelait Ninja Castle et proposait comme son nom l’indique de nous plonger dans le Japon médiéval. Le principe est enfantin : à la manière d’un jeu de tir à la carabine, il fallait dégommer toutes sortes de petits ninjas à l’aide de shurikens. L’originalité réside dans la manière de lancer les projectiles, en faisant glisser rapidement son doigt sur la surface de la tablette en direction des ennemis, la visée étant quant à elle assurée par l’orientation du gamepad. L’expérience est sympathique mais ne casse pas trois pattes à un canard : on connait déjà ce type de gameplay sur mobile ou sur Nintendo DS.

Le second mini-jeu, nommé Animal Crossing : Sweet Day, se pratique à plusieurs et tire parti à la fois de la Wiimote et du gamepad. Les joueurs à la Wiimote dirigent des petits personnages sur une map et doivent manger un maximum de bonbons ; le joueur utilisant le gamepad doit tout faire pour les arrêter, en contrôlant deux gardes à l’aide des deux joysticks présents sur la manette. Les mangeurs de bonbons ont également la possibilité de cracher une partie de leur pitance pour pouvoir fuir plus facilement à l’approche d’un garde, au détriment des points engrangés. Ce jeu nous a bien amusé et fera surement fureur lors de soirées entre amis, le savoir-faire de Nintendo en la matière est incontestable.

Le dernier mini-jeu, connu sous le nom de Mario Chase, est également un jeu multi-joueurs utilisant les deux types de contrôleurs. Le joueur gamepad contrôle Mario (ou plutôt un Mii avec une casquette rouge) et doit tout faire pour échapper aux autres joueurs qu’il peut situer en temps réel sur une carte, les autres devant bien entendu l’attraper. Là encore, c’était plutôt amusant et convivial.

Enfin, comment quitter le stand de Big N sans tester un bon vieux Super Mario Bros dépoussiéré une énième fois pour l’occasion. Dans ce jeu, les joueurs Wiimote jouent normalement (c’est-à-dire qu’ils sautent sur des tortues, rentrent dans des tuyaux et mangent des champignons), et le joueur gamepad peut quant à lui… poser des petites plates-formes pour les aider à progresser dans le niveau. Autrement dit, il va vite s’emmerder.

Dommage que le concept n’ait pas été mieux exploité, d’autant que j’ai aussi eu l’occasion d’essayer Raymand Legends sur le stand d’Ubisoft, et la même idée fonctionnait beaucoup mieux : les actions à entreprendre par le joueur gamepad étaient beaucoup plus variées (déplacer des éléments du décor, tirer sur des ennemis) et donc bien plus ludiques !

Au final, que penser de cette Wii U ? Le concept est sympathique et plaira surement dans un cadre familial, comme ce fut le cas de la première console. Mais après ? Je ne suis pas certain qu’elle ne finisse pas au placard, car même si elle surpasse légèrement la Xbox 360 et la PS3 et qu’elle disposera d’une « vraie » manette, ses deux concurrentes devraient être remplacées l’année prochaine, et la console de Nintendo aura alors une génération de retard.

La Wii U sera disponible en France le 30 novembre, pour un prix variant de 299 à 389 €.

 

remonterSim City

Après dix ans d’absence, le jeu de gestion culte créé par Will Wright revient en force pour le plus grand plaisir des amateurs du genre. L’attente pour accéder au stand était tout simplement interminable, et j’ai donc dû patienter presque 1h30 pour pouvoir jouer au maire pendant 20 minutes.

La version qui était présentée était une version pré-alpha du jeu, et ça se voyait : textes manquants, fonctionnalités pas toutes implémentées et bugs à foison, on constate que le jeu est loin d’être terminé. Je me demande même comment ils vont réussir à sortir la version finale pour le mois de mars.

Ceci dit, on sent que le potentiel est là. Le moteur 3D fait des merveilles, et il vous est possible de zoomer très fortement pour observer tous les petits détails de vos bâtiments et l’animation de vos quartiers. Un soin particulier a été apporté aux animations. Le tutorial vous propose par exemple d’alimenter votre ville en électricité. Dès que la centrale électrique est construite, vous pouvez voir le courant se propager et les immeubles s’éclairer un à un ; ça n’a l’air de rien mais c’est vraiment bien fait et plutôt impressionnant !

L’interface a été simplifiée sans pour autant rogner sur les fonctionnalités (du moins de ce que j’ai pu en voir), et quelques petites choses ont été ajoutées, comme la possibilité d’améliorer ses bâtiments (rajouter un garage à ambulance pour son hôpital etc).

Le jeu devrait être disponible en mars 2013, et il me tarde de mettre la main sur une version plus aboutie !

 

remonterHitman Absolution

Voici un autre jeu particulièrement attendu par nombre de gamers, car il s’agit également d’une série qui fait son come-back après plusieurs années d’absence : je veux bien sûr parler d’Hitman Absolution, ou le retour du célèbre chauve à code barre.

Nous avons pu assister à une présentation commentée d’un niveau complet du jeu sur écran géant, et le fait est que cela mettait l’eau à la bouche. La première chose qui frappe, c’est le travail réalisé par les développeurs sur l’ambiance. Jamais la série n’a proposé d’environnements aussi immersifs et une animation aussi convaincante. Vous vous souvenez peut-être du niveau du carnaval dans Hitman Blood Money, au cours duquel Code 47 se frayait un chemin dans la foule déguisé en canard ; si cet effet de foule était impressionnant à l’époque, attendez un peu de voir le quai de train rempli de monde dans ce nouvel épisode, c’est littéralement bluffant !

Le jeu a en outre bénéficié d’un soin particulier pour la mise en scène, si bien que la progression m’a semblé malheureusement plus linéaire qu’elle ne pouvait l’être auparavant. J’espère me tromper sur ce point, car la liberté d’action et les multiples approches constituent l’essence même de la série.

J’ai par la suite eu l’occasion de tester une séquence de gameplay sur la version Xbox 360. On retrouve les mécanismes bien connus dans la série (neutralisation silencieuse, cache de cadavres), mais je ne peux malheureusement pas vous en dire beaucoup plus, car je me suis rapidement fait repérer et tuer :D.

Hitman Absolution m’a donc fait très bonne impression côté réalisation, même si je garde une petite appréhension sur la liberté d’action. Réponse le 20 novembre prochain.

 

remonterLe salon en général et conclusion

Cette édition 2012 du Paris Games Week a été marquée par une fréquentation plus importante que la précédente. Malgré le fait qu’il était plus facile de circuler grâce à des allées plus larges, l’évènement attire toujours plus de monde et les files d’attente pour pouvoir s’essayer aux plus gros jeux deviennent tout simplement impossibles, surtout lorsque l’on ne reste qu’un jour sur place.

Il fallait ainsi patienter plus de deux heures pour jouer à Zombie U, et je ne vous parle même pas de la queue pour Black Ops II ! J’aurais aimé tester plusieurs titres comme Dead Space 3, Far Cry 3 ou encore Dishonored et Assassin’s Creed 3 (même si ces derniers sont déjà sortis), mais le temps m’a manqué. En plus des jeux vidéo, quelques boutiques de T-Shirts et de geekeries avaient également leur stand, et il fut parfois difficile de résister à l’envie de tout acheter ! :)

Comment parler du Paris Games Week sans évoquer l’ESWC (Coupe du Monde du Jeu Vidéo), qui a lieu tous les ans au sein du salon ! L’espace réservé à cet évènement était plus important que jamais, et les spectateurs étaient présents en grand nombre. J’ai eu l’occasion de suivre la finale de la Coupe du Monde Starcraft II, qui opposa le polonais MaNa au sud coréen ForGG (le premier l’emporta sur son rival sans aucune difficulté).

Au final, j’ai été ravi de ma visite mais je suis resté sur une impression d’inachevé par manque de temps. L’année prochaine, j’essayerai de me libérer pour me rendre à la préouverture réservée aux journalistes, et ainsi pouvoir jouer à tous les jeux sans avoir à faire la queue des heures !