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Test du Samsung Galaxy S II

Le Galaxy S II est le dernier smartphone haut de gamme de la firme coréenne Samsung. Sorti en juin dernier et venant prendre la succession du très populaire Galaxy S, ce nouveau terminal est présenté par son constructeur comme une bête de course, anéantissant toute la concurrence grâce à son processeur double cœur surpuissant et à sa finesse record qui lui permet de passer sous une porte (bah quoi ? c’est important).

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le succès est au rendez-vous : il s’en est déjà écoulé plus de 5 millions d’exemplaires ! Tant et si bien qu’Apple cherche par tous les moyens à le retirer du marché à grand coup de brevets. J’ai pu essayer cet appareil durant toute une semaine, et je vous livre donc mes impressions.

Le Galaxy S II est-il vraiment le meilleur smartphone du marché comme le prétend son fabriquant ? J’annonce la couleur tout de suite (pour les fainéants qui vont directement à la conclusion) : mises à part quelques petits défauts, ce mobile est une véritable tuerie !!

Aspect matériel

Avec son écran 4,3″, le Galaxy S II est le téléphone le plus imposant que j’ai eu l’occasion d’essayer. Un grand écran donc, qui n’influe que peu sur le poids de l’appareil : le téléphone ne pèse que 116g ! Ce faible poids est dû à la finesse du terminal (8,49mm), mais aussi et surtout à l’utilisation de matières plastiques. Ce type de matériau ne fait pas vraiment haut de gamme, et l’ensemble s’avère moins classieux qu’un iPhone 4 ou même qu’un HTC Legend (coque aluminium « unibody »).

Néanmoins, le design du Galaxy S II reste plaisant, grâce au revêtement « nid d’abeille » antidérapant qui habille le dos de l’appareil. A ce propos, la légèreté du smartphone combinée à sa grande taille font qu’on a souvent peur de le faire tomber en le manipulant trop brusquement. Rien de bien grave en soit, mais il me paraît prudent d’être soigneux : pas sûr que le plastique résiste aussi bien à une chute que l’aluminium…

Sous le capot, le Galaxy S II est propulsé par un processeur Samsung Exynos 1.2Ghz (double coeur), 1 Go de mémoire vive et 16 Go de stockage interne, extensibles grâce au port microSD inclus. Cette configuration de brutosaure laisse donc présager de très bonnes performances.

Côté connectique, Samsung fait dans le classique : on retrouve le traditionnel bouton de contrôle du volume, une prise jack standard pour brancher des écouteurs, mais aussi un connecteur micro USB qui a la particularité de servir aussi de sortie HDMI (via un adaptateur tiers). Même qu’on appelle ça un port MHL. Le constructeur a également jugé bon d’amputer son téléphone du bouton « Rechercher », présent sur la plupart des appareils Android. On trouve ainsi la touche menu en bas à gauche, le bouton Home au milieu (non tactile et plus imposant, façon iPhone), et le bouton « Retour » sur l’angle inférieur droit.

Bien entendu, le Galaxy S II embarque, comme tout smartphone qui se respecte, deux capteurs photos : le capteur principal, situé au dos de l’appareil et équipé d’un flash, produit des clichés de 8 Mpixels et peut enregistrer de la vidéo Full HD à 30 fps. Le capteur frontal, destiné avant tout à la visio-conférence, peut prendre des photos 2Mpixels et filmer en VGA (640×480).

Après allumage du téléphone, j’ai été agréablement surpris par la qualité de l’affichage. L’écran Super Amoled Plus produit de belles couleurs contrastées, sans qu’elles soient excessives (contrairement à son prédécesseur ou au Samsung Wave). Notez qu’il est possible de paramétrer la saturation des couleurs, de sorte que chacun y trouve son compte.

Aspect logiciel

Le Galaxy S II est équipé de la dernière version d’Android (2.3 « Gingerbread »), sur laquelle vient s’ajouter la surcouche Touchwiz du constructeur, ici dans sa version 4.0.

Mais qu’est-ce donc que Touchwiz, exactement ? Il s’agit tout simplement d’une refonte de l’interface utilisateur, destinée à rendre l’expérience Android plus intuitive. Samsung a fait du très bon travail, et son interface est agréable à utiliser.

En plus du relooking des applications Android de base, le Galaxy S II embarque quelques programmes maison. On a par exemple le Social Hub, qui permet de se connecter à différents réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter, pour en regrouper les actualités au même endroit. Sympathique. Le Reader Hub propose quant à lui de consulter (et d’acheter) des quotidiens d’information, des magazines et des livres.

Cela part d’une bonne intention, mais le problème, c’est que le contenu en français est inexistant ! Mention spéciale à Sound Corner (une application de téléchargement de musique), qu’il est carrément impossible de lancer au pays du fromage qui pue. Citons enfin le Game Hub, sorte de marché d’applications dédié au jeu, malheureusement assez pauvre. Il permet cependant d’avoir accès à de nombreux jeux Gameloft, pas forcément tous disponibles sur l’Android Market.

Pour le reste, on notera la présence de plusieurs petits outils sans prétentions mais néanmoins bien conçus. Il y a par exemple un logiciel de messagerie instantanée, deux petites applications de retouche photo et vidéo, ou encore une sorte de journal personnel, que l’on peut compléter en ajoutant une photo, un lieu et un commentaire. Tant de petites attentions qui contribuent à faire du Galaxy S II un produit complet, avant même d’avoir téléchargé la moindre application.

Pour la connexion à l’ordinateur, cela se passe essentiellement via Kies (sorte d’iTunes like made in Samsung, sans boutique de musique). Je dis essentiellement, car il est toujours possible d’établir une connexion de type « clé USB » ; il faudra par contre chercher l’option dans les paramètres de réseau sans fil… allez comprendre pourquoi !

Samsung a eu la bonne idée d’intégrer une application nommée Kies Air, qui permet de gérer tout le contenu du téléphone (contacts, photos, vidéos, marques pages) via un simple navigateur web ! Lancez l’application, connectez-vous à l’adresse indiquée, et le tour est joué !

Performances

Pour aborder cette partie performances, commençons donc par parler de la puissance brute de la machine. Pour la mesurer, je n’ai pas voulu faire les traditionnels tests genre Quadrant ou Neocore, qui vous affichent des chiffres sans intérêt et parfois éloignés du ressenti réel. J’ai simplement tenté par tous les moyens de faire ramer le téléphone : installation de plusieurs applications en simultané, navigation sur des sites bourrés de flash, lecture de vidéos Full HD (Flash et AVI High Profile) etc…

Alors, au final, qu’est-ce qui vient à bout du Galaxy S II ? La réponse tient en un mot : rien. Mais vraiment rien !! J’ai été littéralement bluffé par les performances de cet appareil ! L’interface reste fluide quoi qu’il arrive, peut importe que vous soyez en train d’installer 15 applications ou que trois jeux gourmands soient exécutés en arrière plan. Le Galaxy S II est même capable de lire une vidéo mp4 en 1080p high-profile sans sourciller, ce que le Tegra 2 de Nvidia ne peut pas faire.

Mais le plus impressionnant reste ses performances avec le plugin Flash. Samsung nous apporte aujourd’hui la preuve que Steve Jobs avait tord : Flash sur mobile, ça peut marcher ! Et ça fonctionne même incroyablement bien ! Lire une vidéo sur un site bourré de Flash (genre un jeuxvideo.com au top de sa forme publicitaire) ne causera pas la moindre saccade, alors même que l’avertissement « Cette vidéo n’est pas optimisée pour les mobiles » s’affiche. Par ailleurs, aucun problème non plus avec les vidéos YouTube en 1080p.

Les seuls baisses de performances que j’ai pu observer sont à chercher du côté des jeux Flash un peu exigeants, ce qui me semble normal. Notez d’ailleurs que même si un jeu manque de fluidité, la navigation dans la page reste parfaitement lisse. Pour résumer : un sans fautes !

Voyons maintenant ce que vaut le capteur photo du Galaxy S II. Sur le papier, c’est du lourd (8Mpixels, vidéo 1080p@30FPS pour ceux qui n’ont pas lu le début). Dans les faits, si le terminal est effectivement équipé d’un capteur performant, il n’est pas aussi impressionnant qu’espéré. En extérieur, les clichés frisent la perfection : les couleurs sont bien rendues, et le bruit numérique plutôt faible ; de même, la vidéo est d’excellente qualité.

Cela se gâte dès lors que l’on est dans une pièce fermée, sans lumière du jour. Dans ce cas là en effet, le bruit se fait beaucoup plus visible, et le blanc / gris a tendance à virer au rose (symptôme que j’avais déjà observé sur mon vieux HTC Legend). Ce bruit se retrouve aussi sur la vidéo, qui peut même manquer de fluidité dans certaines conditions d’éclairage ; ceci est malheureusement courant sur les petits capteurs d’appareils compacts, et on ne peut pas vraiment en vouloir à Samsung.

J’ai également remarqué que le capteur du Galaxy S II était un peu long à la détente en cas de changement brusque de luminosité : suite à une expérience très simple, à savoir filmer mon intérieur puis me retourner brusquement vers la fenêtre (il faisait très beau dehors), j’ai pu constater que l’appareil mettait environ 7 secondes à s’adapter à la luminosité. Cette durée est de moins d’une seconde sur mon LG 2X ! Autre remarque concernant uniquement la vidéo : plus vous augmentez la résolution de l’image, plus celle-ci est « zoomée » (oubliez donc les vidéos grand angle en 1080p). Phénomène étrange, qui encore une fois n’apparaît pas sur mon Optimus 2X.

Au final, on peut dire que le Galaxy S II bénéficie d’un bon capteur, mais qu’il n’est pas le meilleur du marché. Celui de l’iPhone 4 (pourtant 5Mpixels), se débrouille mieux lorsque l’éclairage est réduit. J’avais pris une série de photos et de vidéos pour vous montrer tout ça, mais j’ai oublié de les sauvegarder avant de réinitialiser le téléphone. N’hésitez-pas à m’insulter dans les commentaires.

Les performances de la puce GPS sont également à considérer : en effet, si le positionnement s’effectue rapidement sur la plupart des smartphones modernes, il n’en va pas forcément de même lorsque la connectivité à internet est absente. Cet aspect des choses peut être préoccupant lors d’un voyage à l’étranger, où les tarifs de connexion 3G sont prohibitifs. Sur ce point, le Galaxy S II est très convaincant : la position est établie en moins d’une minute, sans aucune connexion réseau !

Passons enfin au dernier point important de la section performances, à savoir l’épineuse question de l’autonomie. Disons le tout de suite : le Samsung Galaxy S II s’en tire bien, notamment grâce au travail d’optimisation important qui semble avoir été effectué. Si vous vous en servez de manière intense (jeu, films, navigation internet à outrance), vous ferez à peine mieux que la majorité des smartphones du marché, c’est à dire qu’il vous faudra le recharger tous les soirs. En revanche, en utilisation un peu plus « sage », l’appareil se situe clairement dans le peloton de tête : il consomme assez peu d’énergie en veille, et ce même avec 3G et synchronisation activée. Dans ces conditions, le mobile tiendra facilement deux jours. Un très bon point donc !

Le mot de la fin

Le Samsung Galaxy S II est pour moi l’un des meilleurs smartphones du marché.
Son écran 4,3″ Super Amoled Plus lui confère une qualité d’image exceptionnelle (malgré sa résolution de 800×480), sa finesse et son poids plume le rendent agréable à transporter, et ses performances ébouriffantes, associées à une optimisation sans faille, lui permettent de se hisser au sommet. Son autonomie est de plus très correcte pour un smartphone.

Cependant, la perfection n’est pas de ce monde, et le Galaxy S II a quelques points faibles. Sa finition plastique est agréable, mais un peu éloignée du segment « haut de gamme ». Son appareil photo est plutôt performant sans être exceptionnel. Enfin, certaines applications incluses n’ont pas beaucoup d’intérêt (contenu en anglais).

Si vous êtes exigeants et que vous cherchez un smartphone haut de gamme sous Android, vous pouvez vous jeter sur le Galaxy S II : il devrait combler toutes vos attentes !

Édouard

Passionné par les nouvelles technologies et gadgets en tout genre (avec parfois une petite tendance early-adopter), ainsi que par les innovations scientifiques qui bouleversent notre quotidien. Édouard est également un grand amateur de rétro-gaming et de jeu indépendant, mais aussi de cinéma, de culture asiatique et de photographie.

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