Fidèle à ses habitudes, Google a lancé en fin d’année son nouveau téléphone, le Galaxy Nexus. Depuis maintenant 3 ans, la firme propose des téléphones «purs», sans surcouche opérateur ou constructeur, censés montrer le bon chemin à prendre aux fabricants que ce soit sur le logiciel (mises-à-jour etc…) ou sur le matériel.

Le Galaxy Nexus est fabriqué par Samsung, tout comme son prédécesseur le Nexus S qui lui-même remplaçait le Nexus One conçu avec HTC. Pas étonnant donc que ce nom rappelle des choses à beaucoup, Samsung ayant  largement développée la marque «Galaxy» au cours de cette année, elle est maintenant bien installée dans l’esprit des utilisateurs.

Les caractéristiques techniques de ce nouveau Nexus sont plutôt enthousiasmantes :

– Un écran Super Amoled HD de 4,65“ avec une résolution de 1280 x 720 pixels

– Un processeur dual-core à 1,2Ghz

– Un capteur de 5 mégapixels à l’arrière avec auto-focus et flash, une caméra de 1,3 mégapixels en façade

– 1 Go de RAM et 16 Go de mémoire interne non-extensible

Le tout sous Android Ice Cream Sandwich, la toute dernière version du système, sans surcouche donc.
A l’intérieur de la boîte, c’est plutôt vide pour un téléphone de cette gamme, on retrouve le téléphone, un chargeur, un câble USB, la batterie de 1750 mAh, de la documentation et des écouteurs intra-auriculaires sans embouts supplémentaires.
On aurait quand même apprécié une petit pochette comme celle fournie avec le Nexus One à l’époque, ou encore d’autres embouts pour le kit mains-libres…

Design et prise en main
Malgré son contenu, il faut dire que le packaging est plutôt soigné et réussi, la boîte, d’un blanc nacré, est toute en longueur. Sur la face du haut, le téléphone, sur les deux côtés, sa tranche droite et gauche.

A l’évocation d’un écran de cette taille, presque 5“, on pourrait légitimement s’attendre à un téléphone imposant. Et pourtant, le Galaxy Nexus propose un encombrement très proche du Galaxy S2, qui lui dispose d’un écran de (seulement) 4,3“. L’appareil tient bien en main, on est en confiance, c’est sans doute dû au fait que l’écran est répartie dans la longueur, ce qui confère au smartphone une largeur moindre. Le téléphone fait 136 grammes, un poids non-handicapant, et même rassurant.

Le design du Nexus est bien différent de celui du S2, plus dans la lignée du Nexus S. On retrouve un design tout en courbes, légèrement incurvé, les traits sont bien appuyés par le dessin du profil. A noter que l’appareil est plus fin en haut qu’en bas. Le dos du téléphone est de la même matière que celui du S2, un matériau agréable au toucher qui devrait bien résister aux rayures et aux griffures.  La finition de ce nouveau Nexus est remarquable, rien ne craque sous la pression des doigts et les plastiques utilisés semblent résistants et de bonne qualité, en somme, une finition haut-de-gamme.

Le Galaxy Nexus jouit donc d’un design affirmé, il ne sera pas difficile de le différencier d’un concurrent.

Un élément a disparu de la face avant, ce sont les boutons de navigation. Ils sont désormais intégrés sur l’écran, tout en bas. Cette disposition ne gêne en rien leur utilisation même si c’est un peu déroutant au début, elle réagissent de la même manière que des touches physiques, mais on peut par contre se demander ce qu’il en sera en cas de bug important…
Une diode de notification en forme de boule a été intégré sous l’écran, un très bon point puisqu’elle manque trop souvent à l’appel, y compris chez Samsung.

Sur la tranche droite, trône le bouton d’allumage et de verrouillage ainsi que 3 pins pour le connecter à un dock, sur celle de gauche, les boutons de volumes, et en bas, un port Micro-USB ainsi qu’un prise jack 3,5mm.

Interface et applications
Le Galaxy Nexus est le tout premier téléphone à bénéficier d’Android 4.0, une petite révolution dans le monde de l’OS. En plus d’apporter des fonctions, une nouvelle interface, et une correction des bugs, cette version du système a aussi été conçue pour lutter contre la fragmentation bien connue d’Android, elle sera donc compatible avec les smartphones et les tablettes.
Une nouvelle version qui se doit de plaire donc, puisqu’elle fera office de système d’exploitation sur deux segments à la fois.

De nouvelles transitions, animations et couleurs sont au programme. Dès le premier allumage, force est de constater que l’ensemble est cohérent et plutôt réussi, il sera par contre difficile de ne pas y voir une ressemblance avec l’univers geek et futuriste de Tron.

Il est désormais plus simple de créer des dossiers, en déplaçant une application sur une autre, comme sur un iPhone. On pourra ensuite donner un nom à celui-ci (ex: Jeux, Documents etc..) et profiter du bel effet engendré : un cercle dans lequel figurera les icônes des applications concernées, empilées.

Google a même rajouté une application de retouche photo très réussie et bourrée d’effets plus ou moins  esthétique, une façon de combler l’indisponibilité d’Instagram sur Android… Une application de montage vidéo est aussi présente, mais son utilisation s’avère plus compliquée.

Un dock avec quatre applications (ou dossiers) personnalisable est désormais présent, il vous suivra dans chacun des cinq bureaux de l’écran d’accueil, tout comme la barre de recherche, en haut.

Dans le launcher d’applications, la navigation se fait désormais à la vertical, accompagnées de transitions entre les pages très graphiques. On accèdera maintenant aux widget depuis cet page, un raccourci vers le market est aussi présent.

Une des grandes nouveautés, c’est celle des boutons sur l’écran. On retrouve sur la barre de navigation: Retour, Home et Multi-tâche. Le bouton Menu (représenté «…») figure à droite quand l’application a été développé pour une version antérieur d’Android, ou dans l’application elle-même quand elle a été conçu pour Ice Cream Sandwich.

Côté sécurité, il est désormais possible de déverrouiller son Galaxy Nexus avec son visage, le «Face Unlock» est pour l’instant une exclusivité réservée à celui-ci, mais il y a fort à parier qu’elle s’étendra auprès des autres constructeurs dans les mois qui viennent, y compris du côté des tablettes.
Il faut pourtant savoir qu’une fois cette fonction activée, il suffira d’une photo de vous pour le accéder à votre téléphone. Le «Face Unlock» est peu performant lorsque les conditions de lumière ne sont pas idéales, n’espérez pas le faire fonctionner la nuit avec pour seul éclairage des lampadaires. Cela dit, vous aurez toujours la possibilité de le déverrouiller avec un code ou un schéma.

Globalement, Ice Cream Sandwich est une vrai réussite, finies les interfaces peu accueillantes et sans ergonomie, à nous l’efficacité.
Le système d’exploitation dispose de sa propre identité esthétique, futuriste, affirmée, cohérente et enfin ergonomique, reste encore à savoir si elle plairait à tout le monde. La version 4.0 signe sans doute le plus gros virage entrepris par les équipes d’Android depuis sa création, et on ne va pas s’en plaindre.

Attendons de voir comment le système se comportera sur un téléphone bas/moyen-de-gamme, même si sur le Galaxy Nexus, l’expérience utilisateur est complète et vraiment très agréable.

Le multimédia
De ce côté, le Galaxy Nexus lira sans problème du .mp4, du DivX, et du MKV  (HD 720p ou 1080p) sans aucun souci, et avec une fluidité impressionnante. Pour en avoir plus, il suffira de télécharger un lecteur alternatif (MX Video Player etc…).
Lors de la lecture d’une vidéo, les trois boutons de navigation disparaissent pour laisser le plus de place possible à l’image, et il faut l’avouer, c’est très bien joué. Une tape sur l’écran suffira à les faire réapparaitre. Le fait que l’écran soit tout en longueur en fait un atout redoutable, le visionnage d’un film est très agréable.

Le lecteur de musique embarqué est celui de base sur Android, dans sa nouvelle version. Il propose une fois n’est pas coutume une synchronisation au service Google Music (streaming), un bon moyen de profiter de ses titres puisque la mémoire du Nexus n’est pas extensible. Les formats supportés sont le MP3, OGG, AAC, AAC+ et eAAC+, un égalisateur est aussi de la partie.

La qualité des photos prises par le capteur de 5 mégapixels est plutôt moyenne, le niveau de détail est relativement bas et le rendu des couleurs pas toujours fidèle. En revanche, la prise des photos se fait instantanément, c’est un très bon point. L’appareil est plus taillé pour le partage de photos sur les réseaux sociaux que pour remplacer un vrai APN.

Côté capture vidéo, le Nexus filme jusqu’en HD 1080p. La fluidité est plutôt bonne même si quelques ralentissement sont à noter, le Galaxy S2 fait beaucoup mieux sur ce point.
Dans les paramètres du mode caméra, on retrouve des effets à appliquer sur les visages (Gros yeux, petite bouche etc…). La gestion des effets est active, ils seront appliqués même si votre sujet bouge, plutôt sympa même si peu utile, on aurait aimé les voir dans le mode photo. Il est aussi possible de mettre un arrière-plan (coucher de  soleil, espace etc…) même si leur mise en place est beaucoup plus fastidieuse.

L’application «Galerie» a été revue de fond en comble, mais est toujours guidée par la même logique. Dites au revoir aux effets 3D, aux réactions face à l’accéléromètre, l’interface est maintenant bien plus simple, et on ne s’en plaindra pas. Google a d’ailleurs mis l’accent sur le partage lors du visionnement d’une image, pratique.

L’écran du Galaxy Nexus est un des ses plus gros atouts. Et pour cause, avec 4,65“ et une résolution gigantesque de 1280 x 720 pixels, il y a de quoi être impressionné, c’est le second smartphone à nous proposer une définition HD avec le Galaxy Note (testé ici). Pour être honnête, c’est un pur régal à l’usage, l’écran est très lumineux, les couleurs sont vives (caractéristique des écran Super Amoled) et les noirs tellement profonds qu’ils se fondent dans la coque. La qualité de l’écran est d’autant plus saisissante qu’elle est mise en valeur par les couleurs d’Ice Cream Sandwich, du bleu électrique et du noir.

C’est donc sans surprise que la navigation web se fait sans souci, plus besoin de zoomer à tout-va pour pouvoir lire un article. Le chargement des pages est impressionnant de rapidité et la gestion des onglets a été repensée, elle est désormais bien meilleure et plus intuitive.

Dernier point, l’autonomie. C’est sans conteste un des points faibles de ce Galaxy Nexus, et pour cause, avec un utilisation classique (réseaux sociaux, un peu de web, appels etc…) il nous est arrivé de rentrer chez nous la batterie vide… Mieux vaut donc activer le réglage automatique de la luminosité et surveiller les statistiques d’utilisation pour apprendre à dompter celui-ci. Toujours est-il qu’une charge par jour sera indispensable.

Conclusion
Lors de son annonce en octobre, la troisième itération des Nexus, véritables fleurons de Google a quelque peu déçu, notamment à cause de ses caractéristiques techniques pas franchement révolutionnaires. Et pourtant, à l’usage, on se rend vite compte que la puissance est là, mais surtout que c’est le téléphone qui a été conçu autour d’Ice Cream Sandwich, et pas l’inverse. L’intégration du système est totale et réussie, le design de l’appareil sobre mais efficace et son écran tout simplement génial.
Dommage que ses performances en photo et son autonomie n’aient pas été plus étudiées, mais il tend à penser que ce dernier point faible pourrait être effacer au fil des mise-à-jour, puisque l’OS n’en est qu’à ses débuts.

En bref, le Galaxy Nexus est un très bon smartphone, qui représente avantageusement la nouvelle version d’Android, au passage très réussie. Placée sous le signe du renouveau, la promesse est réussie, et on croit en elle. Si les autres constructeurs jouent le jeu, le succès de la plate-forme de Google n’en sera que grandi, attendons donc de voir les prochains smartphones profitant d’ICS.