Alors que les fans se tiennent prêts à accueillir le deuxième (et dernier) volet de Gantz qui devrait normalement sortir en DVD le 1er Février 2012 en France, nous vous proposons un petit zoom sur le manga et ses deux adaptations cinématographiques.

Un seinen à succès

Gantz est un seinen, comprenez par là un manga destiné aux jeunes adultes. Cette catégorie comprend les séries sérieuses, violentes ou encore comportant des passages érotiques. On y trouve par exemple Death Note, Elfen Lied ou encore Ghost in the Shell pour les plus connus. Ici, ce sera surtout de la violence et de l’érotisme.

Best seller au Japon avec plus de 16.000.000 de tomes vendus, il arrive à inclure des personnages secondaires intéressants et à faire suivre la trame sur plus d’une 30aine de tomes sans gros temps morts. La publication n’est toujours pas achevée mais l’auteur a révélé que le tome 27 marquait le commencement du 3ème et dernier arc.

Suite à son succès, Gantz a été adapté en animé, mais également en deux films, sur lesquels nous reviendrons un peu plus loin.

Un univers mortel

L’histoire, contemporaine, commence avec les retrouvailles de deux amis d’enfance, Kei et Katô, sur le quai d’une gare. Malheureusement pour eux, quelques cases plus loin, les deux jeunes hommes se tuent en essayant de sauver un clochard tombé sur les rails, un train les fauchant au passage… Étrangement, ils réapparaissent tous deux dans une pièce comportant une énorme boule noire (nommée Gantz) et quelques autres personnes qui semblent toutes être décédées peu avant. Ils vont bientôt réaliser que le sort qui les attend n’est guère plus enviable que la mort. Ils vont devoir participer à un jeu macabre qui consiste à tuer des créatures afin de marquer des points, le but étant d’arriver à 100 points pour enfin racheter sa liberté. Dès qu’un contrat est achevé, les Gantzers (nom donné aux participants au « jeu ») sont renvoyés chez eux, et peuvent être rappelés à n’importe quel moment. Attention, le prochain paragraphe spoile la fin du chapitre 90 (sur environ 400 prévus et 320 publiés)

S’en suivent plusieurs missions, où beaucoup de leurs camarades meurent déchiquetés et où les points récoltés ne sont pas légion. Puis lors d’une nouvelle mission… Kei se retrouve seul survivant. Celle dont il est amoureux et son ami d’enfance, Katô, sont tués par « l’extraterrestre » qu’ils combattaient. En plein désespoir, Kei finit par apprendre que 100 points permettent au choix de quitter le jeu ou bien de faire revivre une personne morte. Il se promet alors de ramener ses amis quoi qu’il en coûte…

Le manga

Hématophobes, passez votre chemin ! Ce manga est l’un des plus violents qu’il m’ait été donné de lire. Têtes et membres coupés sont monnaie courante et il n’est pas rare de voir des personnages se faire éventrer. Les armes des Gantzers ajoutent leur petit effet car celles ci ne font effet que quelques secondes après avoir tiré. On voit donc souvent le regard hébété de la cible, consciente de sa mort imminente, mais incapable de faire quoi que ce soit pour l’éviter. Les créatures à tuer sont de tous les genres : dinosaures, statues ou bien humanoïdes, ce qui est prétexte à des morts toujours plus originales. Cependant, le gore n’est pas l’argument principal du manga. Son scénario bien ficelé et le soin apporté aux personnages secondaires sont un vrai plus. On a même parfois plusieurs chapitres entièrement consacrés à la présentation d’un nouveau Gantzer. Et la vie des combattants ne se résume pas à leurs contrats nocturne ! On suit le héros dans ses histoires amoureuses ou encore les soucis de Katô avec son petit frère. De quoi alterner les phases afin de ne pas être trop monotone.

Si le manga est dans l’ensemble très bon, certains détails m’ont laissé perplexes, notamment la place du sexe dans l’ouvrage. Si suivre les aventures du personnage dans sa vie est cohérent, la présence de jeunes filles dénudées à chaque début de chapitre me semble peu utile… Ainsi, entre deux passages de combat nocturne, on a le plaisir de voir des tenues légères complètement hors-contexte. Certains apprécieront peut-être…

La publication n’étant pas terminée, je ne me risquerai pas à présager d’une fin excellente ou bien mauvaise mais l’histoire semble bien partie. Les révélations se font au fur et à mesure et on en apprend de plus en plus sur l’étrange boule noire et sur les raisons du combat qu’elle mène.

Gantz 1 : une adaptation cinématographique réussie

Sorti tout début 2011 au Japon, Gantz 1 a connu un succès mérité sur l’archipel nippon. Avec 3,4 milliars de yen (28 millions d’euros) de recette et 2 730 000 spectateurs, il a fait mieux que d’autres adaptations telles que Death Note ou encore 20th century Boys. Il est porté par un très bon casting avec pour jouer Katô, le célèbre Kenichi Matsuyama, héros du très bon Norvegian Woods ou encore de L dans les adaptations cinématographiques de Death Note.

Sans plus attendre, voici la bande annonce :

Gantz 1 est une adaptation très réussie. Si les scènes gores et érotiques sont atténuées, elles restent présentes et retranscrivent bien l’ambiance du manga. Les combats, presque aussi énergiques que dans l’oeuvre originale ont été légèrement remaniés (moins d’ennemis dans les deux derniers combats) mais restent visuellement un bon cran au dessus de ce qui se fait habituellement pour les adaptations. Des personnages secondaires ont été éliminés et le héros est légèrement moins antipathique que son modèle mais pour faire tenir le film en un peu plus de deux heures, qui passent sans qu’on s’ennuie.

Bien sûr les puristes et fans de la première heure seront outrés des changements réalisés, mais ceux qui ne connaissent pas la série ou ne demandent pas la perfection seront ravis. Attention, la VF est en général de mauvaise qualité, comme toujours pour les adaptations, préférez la VO (la version américaine semble ne pas avoir convaincu elle non plus).

Gantz 2 : après l’espoir, la déception

J’ai pu voir Gantz 2 à peine quelques heures après avoir vu Gantz 1, les deux fois dans la salle de cinéma des Utopiales, le Festival de Science Fiction se déroulant chaque année à Nantes (cliquez ici pour voir notre article). Si Gantz 1 a su éviter les écueils classique des adaptations, ce n’est visiblement pas le cas du deuxième volet…

Le manga n’étant pas terminé, les scénaristes ont dû trouver une fin alternative. Hélas, celle ci ne répond à presque aucune question et est très décevante (et non, ce n’est pas une fin appelant à un troisième film). Avoir une fin différente n’est pas un problème en soi, on peut par exemple citer l’adaptation anime de Fullmetal Alchemist qui s’en était plutôt bien tirée avec une conclusion originale, mais ici, les fans de l’anime comme ceux qui connaissent le manga ou même les plus néophytes ne peuvent qu’être déçu.

Une mauvaise fin laisse une arrière goût désagréable mais ce n’est malheureusement pas le seul défaut de cette suite. Certaines scènes tristes durent ainsi bien trop longtemps avec des ralentis surréalistes et, du même coup, un côté totalement ridicule… On y croit plus, on se met à écarquiller les yeux le sourire aux lèvres tellement l’exagération est présente.

A la sortie de la salle, le public était malheureusement unanime.

Le film a fait un moins bon score que le premier au box-office japonais et c’est compréhensible.

En résumé

Gantz est un bon seinen qui fait clairement partie des mangas à connaître. Son univers violent est addictif et on est sans cesse impatient d’en apprendre plus sur les protagonistes et le drôle de jeu auquel ils doivent se livrer. Le premier film lui rend bien hommage, en parvenant à retranscrire cette ambiance tout en le rendant plus accessible. Malheureusement le deuxième volet est loin d’égaler le premier…